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22/11/2009

BJÖRK : Volta (2007)

Une pochette très "Orangina".COUV_333.jpg Et pour cause : extrayez de la pulpe expérimentale de Medúlla (2004), vitaminez et sucrez de quelques sonorités exotiques, secouez à contresens jusqu'à Post (1995) et vous obtiendrez Volta.

On le sait, une plaque de l’islandaise, ex-chanteuse des Sugarcubes, n’est jamais confortable, et certainement pas aux premières écoutes. Après s'être usé les nerfs avec la bande originale de Drawing Restraint (le précédent), votre serviteur avait quelque appréhension à passer ce disque en boucle pour vous en dresser une chronique.

Les trois-quatre premières chansons constituent une entrée en matière "accessible"... dans la mesure où ce terme est applicable à ce que fait cette artiste. On ne s’appelle pas Madame Guðmundsdóttir pour faire dans la banalité.

1) Earth Intruders ouvre le "bal" sur une mécanique à la fois enjouée, déjantée, envahissante... et qui peut s'avérer franchement agaçante selon l'humeur. Il y a du Nine Inch Nails dans ce son "industriel". Un peu des expérimentations sonores de Bowie et Eno par moments, aussi. Un single très rentre-dedans, comme l’a pu être Army of me dans les années '90… Oui, sauf qu'ici il y a la surprise en moins.

2) S’ensuit Wanderlust, dans la continuité d’Isobel ou des chansons de Selmasongs. Très bon.

3) Beaucoup plus reposant,  l’orchestral The Dull Flame Of Desire m’évoque presque la B.O. de Gladiator (de Hans Zimmer et Lisa Gerrard) ! La voix d’Antony Hegarty (Antony & The Johnsons) y répond superbement à celle de la chanteuse. Certainement le plus beau morceau des dix.

Après ces premières chansons, Volta se montre plus hermétique et crispant, malgré une ouverture à d'autres sonorités du monde :

4) Avec Innocence, les rythmes industriels sont réenclenchés. A nouveau, le rapprochement avec un extrait de Post s’impose : Enjoy.

5) I See Who You Are est japonisant et minimaliste. Complètement facultatif.

6) Vertebrae By Vertebrae joue des répétitions et dissonances d’un orchestre classique. Sorte de boléro contemporain, intéressant à écouter une seule fois. Après…

7) Pneumonia... Ambiances comateuses, éthérées... et soporifiques.

8) Hope est tribal, calme et hypnotique. Réalisé en association avec le musicien malien Toumani Diabaté. Entre Pneumonia et Declare Independance, il fait presque du bien.

9) Le tonitruant Declare Independence, sans mélodie et mariant sons indu et punk, se hissera sans problème au top des morceaux les plus casse-pieds de la carrière de Björk.

10) My juvenile est un second duo avec Antony Hegarty, mais loin d’être aussi appréciable que le premier.

Vous l’aurez compris : entre avant-garde dont il est parfois difficile de s'accomoder et évocations d'albums précédents, ceci ne s'avère pas encore le digne successeur des réussites qu'étaient Debut (1993), Post, Homogenic (1997), Selmasongs (2000) ou Vespertine (2001).

Chronique par Louis St-Jo

Maison de disques : Polydor