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15/12/2009

STASH : All that fire (2009)

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COUV_Stash_allthatfire.jpgIl y a un "rock du milieu". Celui qui propose de bonnes chansons, avec des guitares soutenues mais aux distorsions limitées. Celui qui ne dérange personne (ou presque). Celui qu’on croirait étudié pour les passages en radio. Dans cette catégorie, notons par exemple R.E.M. ou Richard Ashcroft (de The Verve). Et c’est précisément à ces deux noms qu’on pense en écoutant la musique de Stash.

Vous connaissiez sans doute déjà Sadness, le premier tube de ce groupe belge mené par Gunther Verspecht. Ce nouvel album, le troisième, intitulé All that fire, s’inscrit dans la même veine.

C’est très bien fichu : production impeccable, mélodies touchantes, une voix qui assure… Mais l’ensemble manque encore d’éléments originaux ou distinctifs. Même les titres des morceaux font déjà-(trop)vu : Mrs. Jones, Falling From Grace, Inspiration

Un bel album passe-partout.

Chronique par Louis St-Jo

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Maison de disques : Diva Records

02/12/2009

Lisa GERRARD : The Silver Tree (2006)

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Le visuel de pochette donne le ton : The Silver tree de Lisa Gerrard est sombrissime et souvent glacial. Ce qui en fait, à mon avis, une plaque à conseiller davantage aux fans de Dead can Dance (son précédent groupe) que ceux qui l’ont découverte avec la superbe bande-son de Gladiator ou l’album Immortal memory (assez proche et hautement recommandé).

Il se dégage de la musique de Lisa Gerrard des énergies venues des confins de l’univers. Quelque chose à la fois de spirituel, mais de rarement rassurant ou confortable. C’est d’autant plus vrai dans ce Silver tree, où l’on imagine aisément les esprits émanant des vocalises de la diva qui dansent au ralenti. C’est qu’on les entendrait vous susurrer des choses à l’oreille. Brrr. Les gothiques vont adorer !

Les techniques d’enregistrement et les supports d’écoute numérique dont nous bénéficions aujourd’hui nous permettent une immersion totale dans The Silver Tree. Pourtant, à certains moments, j’en suis venu à regretter un petit son de griffe, comme au temps des 33 tours, histoire de me rappeler que ceci n’est qu’un disque et que non, je n'étais pas dans un monastère hanté, isolé au sommet d’une montagne, surplombé de gros nuages noirs (cfr. le progressisme terrifiant de  Towards the tower).

Heureusement, quelques morceaux plus accessibles permettent d’accrocher à l’ensemble, comme par exemple Come Tenderness ou… le trip-hop-esque Space Weaver - quasiment du Portishead ! - , un single potentiel, pourtant peu représentatif de la cohérence méditative, souvent obscure, de l’album… et peu représentatif  de l’œuvre de Lisa Gerrard tout court.

The Silver Tree est d’une froide perfection. Il vous emmènera en voyage dans une autre dimension et peut, à ce titre, être considéré comme grandiose… mais il est à écouter avec modération et est vivement déconseillé aux dépressifs et aux angoissés.

Chronique par Louis St-Jo

P.S.: J'ai fait l'erreur d'écouter l'album un matin avant de me mettre au travail. C'est tellement fort que mon humeur de la journée en a été affectée. Par contre, je retiens ces morceaux pour l'écriture d'un éventuel futur scenar de BD, si j'ai besoin d'inspiration pour des séquences aux ambiances inquiétantes.

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Maison de disques : Rubber Records

27/11/2009

PLACEBO : Battle For The Sun (2009)

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Le business mondial dicte sa loi formatée : le consommateur voudrait soi-disant savoir ce qui l’attend quand il achète un "produit", qu'il s'agisse de musique, d'une voiture ou d'un yaourt. A quelques exceptions près, les artistes et groupes rock d’aujourd’hui sont bien peu enclins à changer de formule dès qu’ils en trouvé une qui marche. Même les dinosaures revêtent à nouveau des styles qui les ont fait connaître autrefois. C’est parfois pathétique mais, dans certains cas, il est indéniable que ça fonctionne bien : le Wrong de Depeche Mode n'a pas à rougir de leurs tubes de la fin des années ’80 ; Metallica repart avec Death Magnetic à la conquête de son auditoire puriste et tire un trait sur son évolution des 15 dernières années (au moins)... Les exemples ne manquent pas. Placebo semble aussi pris de frilosité dans la prise de risque* et préfère chercher à maintenir le niveau dans la continuité.

COUV_9.jpgAvec Meds (2006) on avait en effet l’impression que la clique de Brian Molko nous recyclait ses riffs et tics des débuts dans l’espoir de convaincre à nouveau les fans déçus par le plus électro-rock Sleeping with ghosts (2003). Ce retour au rock pur et dur avait l’avantage de renouer avec un certain naturel et de nombreuses compositions étaient impeccables. Infra-red et Drag donnaient l’irrésistible impulsion de bondir extatiquement et à pieds joints sur le fauteuil. Follow the cops back home était émouvant à souhait. Sans parler de Because I want youSong to say goodbye, Broken promise (en duo avec Michael Stipe de R.E.M.), One of a kind ou encore Pierrot the clown.

COUV_Placebo_Battleforthesun.jpgDans Battle For The Sun, malgré plusieurs très bons moments, on sent de plus en plus leur difficulté à camoufler la répétition du fond. Quoiqu'en diront les spécialistes en fûts, le changement de batteur - Steve Hewitt laissant la place à l'américain Steve Forrest - ne se remarque pas véritablement. Et pour les réarrangements de forme, l'option choisie cette fois se porte sur des instrumentations additionnelles... dont une section de cuivres.

Ces instruments inhabituels dans le répertoire glam/post-grunge du groupe britannique sont très présents dans le single For What It’s Worth, qui ne manquera pas de vous faire hocher de la tête ou du postérieur, ou tapoter frénétiquement les doigts sur le volant, mais ce n’est musicalement pas ce que le groupe a pu produire de plus mémorable.

Je préfère nettement la présence des cuivres dans Kings of Medicine, dont les trompettes allègres me rappelleraient presque le Penny Lane des Beatles. Et puis dans The Never-Ending Why, saturé et survitaminé… qui possède un final qu’on en imaginerait sans mal en B.O. d’un James Bond ! A noter que les chœurs de cette chanson, tout comme dans Speak in Tongues, évoquent fortement ceux des Manic Street Prachers (veine Everything must go, de 1996, ou This is my truth, tell me yours, de 1998).

Pour finir, un petit mot à propos du morceau éponyme, Battle For The Sun ou Julien, qui ne surprendront pas mais qui synthétisent à eux seuls le style et la puissance du son de Placebo, renforcé par la présence d’un orchestre.

Mais que va trouver Placebo à l’avenir pour éviter le danger de lasser ?

Chronique par Louis St-Jo

* Les MTV Awards leur ont attribué récemment la récompense de "meilleur groupe alternatif". "Alternatif" ? C'est une blague ?

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Maison de disques : PIAS