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02/08/2010

Les RITA MITSOUKO : Variety (2007)

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Ah Les Rita Mitsouko ! On les avait rangés un peu vite parmi les souvenirs OVNI des années ’80.

Pourtant, s’ils se sont un peu trop dispersés depuis, chacun de leurs albums comportait de quoi se rassasier. L’irrésistible La sorcière et l’inquisiteur(en 2000, sur Cool frénésie), pour ne citer qu’un exemple.

COUV_381.jpgAvec Variety, Catherine Ringer et Fred Chichin ne se renouvellent pas, mais ont mûri et synthétisent en un album impeccable ce qu’ils sont devenus : même relativement assagis, ils restent probablement les derniers musiciens de génie du rock populaire français !

Catherine Ringer, diva du rock, possède toujours cette voix puissante, expressive, outrancière... et ici plus que jamais comparable à celle d'une autre déjantée : Siouxsie Sioux (de Siouxsie & The Banshees)… avec en prime une sensualité délirante.

Le disque, produit par Marc Platti (David Bowie, Louise Attaque…), est le plus "accessible" des Rita Mitsouko. Le groupe entend par là élargir son public, et a d’ailleurs conçu originellement tous les titres en anglais, dans le but de s’adresser à l’ensemble des mélomanes européens. Une version française (orthographiée Variéty, avec l’accent) existe bien entendu aussi, "pour ceux qui n’auraient pas passé leur bac", dixit Chichin. Une démagogie que l’on aurait pu fustiger si la qualité n’avait pas été au rendez-vous. Mais là, les mélodies imparables s’enchaînent, qu'il s'agisse de la bonne humeur ultra-communicative de Ding ding dong (ringing at your bell) ou de la dérangeante Berceuse. La Berceuse, qui, sur la version "de luxe", est également intreprétée... en mandarin (et ça donne) !

Y'a pas à dire, Variety, est un album pour le moins cosmopolite !… et mon préféré de l’année 2007 jusqu'à présent !

Chronique par Louis St-Jo

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Maison de disques : Because

01/08/2010

Amy WINEHOUSE - Back to black (2006)

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire en entendant ses chansons, non, Amy Winehouse n’est ni noire, ni américaine, ... mais bien blanche et londonienne.

Je suis immédiatement tombé sous le charme de cet album Back to black. Du coup, je me suis aussi empressé de découvrir son précédent, Frank (2003), déjà très prometteur.

Je ne connais rien des frasques de cette chanteuse et qui, paraît-il, font les choux-gras d’une certaine presse. Je m’en moque, je me concentre sur sa musique, sensuelle et entraînante. Depuis plus d’un mois, ces chansons accompagnent inlassablement mon quotidien.ILLU_388.jpg

A défaut d’apporter une grande originalité, Amy Winehouse réveille les grandes voix et ambiances sonores de la musique noire américaine - de Billie Holiday à Diana Ross, en passant par Sarah Vaughan, Aretha Franklin et Etta James. L'anglaise se réapproprie le tout avec culot et un foutu talent. Ses chansons sont irrésistibles et modernes.

Si on ne peut pas parler d’un chef-d’œuvre incontournable de la musique, tout est néanmoins impeccable sur Back to black et on le réécoutera avec plaisir dans vingt ans. On trouve ici, synthétisé en un seul disque, le meilleur du R&B. Un peu comme Lenny Kravitz qui avait su - dans ses premiers albums solo - brillament remanier le meilleur du rock des early-seventies (Lennon, Hendrix, Curtis Mayfield, Stevie Wonder…)

Amy Winehouse fait un bien fou dans ce paysage musical actuel peu glorieux ! Evidemment, si, à la place de géniaux pompeurs, on pouvait nous servir de nouveaux génies tout court, ce serait encore mieux...

Chronique par Louis

Maison de disques : Universal

27/07/2010

METALLICA : Death Magnetic (2008)

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COUV_Metallica_Deathmagnetic.jpgLeur précédent St. Anger (2003) avait sans doute le mérite d’être une nouvelle remise en question, mais s’était avéré trop brut, difficilement écoutable d'une traite (je veux dire même pour un amateur du genre), reflétant l’énergie extrêmement négative des problèmes internes au groupe à ce moment-là… Le documentaire Some Kind Of Monster en est très révélateur.

En août 2008, le single The Day That Never Comes sonnait le retour attendu du plus grand groupe métal de la planète. Les premiers échos clamés un peu partout à propos du nouvel album annonçaient un retour aux sources, au son de ce qui fit le succès des Four Horsemen (leur p’tit surnom). Seulement voilà, il restait à espérer mieux que cette synthèse-express en 8 minutes de la marque de fabrique Metallica (The Day That Never Comes évoque beaucoup One, en moins bien). Et rien qu’une chanson intitulée Unforgiven III avait déjà de quoi crisper. Death Magnetic allait-il être un album prosélytiste ?

JamesHetfield.jpgPassés les a priori, et regagnant la surface après une plongée dans les dix (longs) morceaux qui composent la nouvelle plaque, j’en arrive au constat que Metallica est une entreprise qui sait toujours produire des morceaux très bien construits et à l’énergie dynamisante (dont l’abus peut ravager la santé - la vôtre et celle de vos voisins).

KirkHammett.jpgImaginez. James Hetfield, ouvre la bouche et dévoile ses dents de viking ricain. James toujours faire comme ça pour annoncer qu’il va vous recoiffer la tête… Sauf que là, vous ne vous attendiez pas à vous retrouver face à Thor déchaînant une tempête après avoir pris des multivitamines. Metallica is back, refait du trash… et même du speed par moments ! La batterie fait les frais d’un Lars Ulrich en gaulois sous l’effet de la potion magique. Les solos de Kirk Hammett se taillent à nouveau une large part du lion (il s’en donne même tellement à cœur joie qu’il ne freine pas devant quelques démonstrations techniques complètement gratuites. Mais on lui pardonne.)

Oui, dès les morceaux d’ouverture une larme d’émotion coulera sur les joues des fans de la première heure, trop heureux de se faire mettre au tapis par un tel coup de poing sonore. Peu de choses à jeter ici. Et croyez-le ou non, même Unforgiven III - s’il n’atteint pas le niveau du premier du nom - est appréciable !

Sans arriver au niveau de leurs cinq premiers albums (Kill’Em All ; Ride The Lightening ; Master Of Puppets ; … And Justice For All ; Black Album), la bande à James, Kirk et Lars renoue effectivement avec la veine de sa grande période. Vraisemblablement, la présence du nouveau bassiste Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendencies et Infectious Grooves) et du producteur Rick Rubin (renommé pour son admirable travail avec les Red Hot Chili Peppers, entre autres) a un effet boostant. Du sang neuf pleinement au service de la bête Metallica !
 
Une mention particulière aussi à propos de la pochette perturbante, fusion ambiguë de symboles de mort (cercueil) et de vie (ouverture vaginale).

Chronique par Louis St-Jo



P.S. : L’illustration représentant Kirk Hamett est de Miras (auteur des BD Un western dans la poche et Doc Jackal & Miss Hype, aux éditions Caravelle/Glénat)

Maison de disques : Universal Music