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15/08/2010

SHARKO : Molecule (2006)

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4e album pour Sharko, groupe de rock alternatif belge, mené par David Bartholomé, chanteur dont la voix se situe quelque part entre celles de Sting (époque Police) et Wayne Coyne (The Flaming Lips).

C'est Dimitri Tikovoi qui est cette fois aux commandes de la production. On devait déjà à ce monsieur entre autres le suivi de Meds, excellent album de Placebo. Par contre, je soupçonne que c'est également à lui qu'on doit ce mauvais choix d'instrumentation electro sur la plage d'introduction (Bug). Heureusement, la suite est d'un tout autre acabit.

ILLU_224.jpgLes moments forts de cette plaque sont :

- Sweet Protection : Sharko dans sa veine habituelle, en grande forme

- Motels : sans conteste le morceau le plus irrésistible de l'album, avec son riff métronomique

- Sugar Boy : jubilatoire... avec des relents de Pixies

- I Need Someone et No Contest : chansons plus calmes, très mélancoliques où la voix se fait encore plus fragile, cassée, plaintive

Certains extraits auraient gagné à être développés à la mesure de leur potentiel : seul le refrain dans Skish Hee, I'm Gonna Make It sonne abouti, par exemple ; et le très eighties No More I Give Up aurait pu, s'il avait été plus travaillé, passer pour un tube new wave.

Et puis Molecule est surtout malheureusement trop court : une trentaine de minutes à peine ! Mais quelle demie heure !


Chronique par Louis

Maison de disques : Bang!

12/08/2010

David GILMOUR : On an island (2006)

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On an island est limpide, fluide. Album sincère, album serein, album-synthèse de ce guitariste-chanteur à la voix angélique, sur laquelle l’âge ne semble pas avoir d’emprise.

COUV_12.jpgPour la plupart atmosphériques et posés, ces 10 morceaux de Gilmour sont une invitation au rêve et à la méditation… portés par un saxophone, un piano, des arrangements symphoniques mais bien évidemment surtout par l’omniprésence de sa guitare envoûtante. Moins ambitieux et plus positif que pourrait l’être un album de son groupe mythique - Pink Floyd -, On an island rappelle toutefois davantage les sonorités de Division Bell (il y a… 12 ans déjà) que celles de ses deux autres enregistrements solo (le précédent, About face datant d’il y a… 22 ans !)

David Gilmour se fait trop rare pour qu’on se prive de savourer ce (dernier ?) disque. On aurait néanmoins espéré que l’intégralité de l’album puisse être aussi indispensable et mémorable que la mélodie de Smile ou le morceau éponyme… ponctué des superbes voix des autres vétérans que sont Crosby et Nash.

N.B. : Si vous appréciez ce genre de disques atmosphériques, je vous recommande chaudement les derniers albums en date du groupe Mercury Rev : All is dream et The secret migration (chez V2). De petits bijoux trop méconnus !

Chronique par Louis

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Maison de disques : EMI

04/08/2010

Joe COCKER : Hymn for my soul (2007)

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Joe Cocker, c’est un organe vocal. Une voix habitée, révélée au festival de Woodstock en ’69. Une voix ensuite abîmée par les abus d’alcool et de drogues dans les années ’70, avant de retrouver son énergie vitale dans les années ’80. 1982 avec Up where we belong, exactement. Une nouvelle vie commence alors pour le chanteur anglais, qui n’aura de cesse d’enchaîner les tubes. Toutes des reprises.

ILLU_353.jpgCar s’il a co-signé la composition de quelques titres peu connus au début de sa carrière, il s’est par la suite exclusivement consacré à l’interprétation. Depuis son premier carton en 1968, With a little help from my friends (des Beatles), au nouveau single Hymn 4 my soul, en passant par You can leave your hat on ou encore Unchain my heart, le chanteur personnalise des titres avec la « Joe Cocker touch ».

Une touche personnelle qui peut séduire comme agacer franchement, des fois. A vrai dire, moi elle m’a plus souvent agacé que séduit. Mais passons…

2007. Où en est Joe Cocker ?

L’album Hymn for my soul démarre mal, avec un You haven’t done nothin’ (Stevie Wonder) à la rythmique R&B funky molle et des trompettes casse-pieds. La voix de Cocker y est poussive. Bref, j’ai eu peur pour la suite. A tort, car cette introduction en matière n’est pas représentative. Les cuivres seront par exemple complètement absents sur le reste de la plaque. Au menu, instrumentations "roots", propres au blues et au vieux r&b (piano, harmonium, guitares, percussions, chœurs) pour des plages vraiment très plaisantes. D’autres plus facultatives aussi, mais j’ai surtout envie de m'attarder ici sur les bonnes surprises :

One word (peace) - dont je n’ai jamais entendu la version première des Subdudes – offre un moment de rétro R&B et gospel aux réminiscences Marvin Gaye.

Love is for me poursuit avec ce même son très Motown, offrant également une jolie place aux chœurs.

Tout ça est bien agréable mais la meilleure partie du CD ne débute qu'avec Long as I can see the lightCreedence Clearwater Revival). Cocker ralentit la cadence originale et ajoute une intonation plus soul et blues, plus mélancolique. Sobriété de l’accompagnement au piano et guitare slide. Très belle réinterprétation. (

Beware of darkness est superbe puisque fidèle à l’original et le Joe s’y applique particulièrement. Là, j’ai carrément eu de frissons. J’en profite pour vous encourager à découvrir l’album dont est issu ce morceau : All things must pass, LE chef-d’œuvre inégalé de l’ex-Beatle George Harrison.

Ring them bells de Dylan, idem : on sent le cœur dans la voix et la volonté de respecter l’esprit d’une chanson aimée. Simplement "dylanesque", comme dirait Bryan Ferry, qui a récemment consacré tout un album en hommage au pape du folk-rock.

Just pass it on ensuite. Je ne connaissais pas ce titre, signé d’un certain Daniel Moore. Ici, rythmique reggae, cool, intonations africaines et refrain puissant. J’ai pensé à du bon Clapton.

Et enfin le single et morceau éponyme, qui clôt l’album : Hymn 4 my soul, vous donne une irrépressible envie de pousser la chansonnette (au volant par exemple). De quoi vous mettre de bonne humeur !

En guise de conclusion, l’âge réussit bien à ce papy du soft rock. Sa voix rauque, rôdée par le temps et l’expérience s’applique aujourd’hui particulièrement bien aux chansons plus posées et aux arrangements plus "authentiques". Un bon album de reprises (pas évidentes), qui n’a pas d’autre prétention.

Hymn for my soul est ce que je préfère dans ce que j'ai écouté de Joe Cocker à ce jour.

Chronique par Louis St-Jo

 

Maison de disques : EMI