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04/08/2010

Joe COCKER : Hymn for my soul (2007)

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Joe Cocker, c’est un organe vocal. Une voix habitée, révélée au festival de Woodstock en ’69. Une voix ensuite abîmée par les abus d’alcool et de drogues dans les années ’70, avant de retrouver son énergie vitale dans les années ’80. 1982 avec Up where we belong, exactement. Une nouvelle vie commence alors pour le chanteur anglais, qui n’aura de cesse d’enchaîner les tubes. Toutes des reprises.

ILLU_353.jpgCar s’il a co-signé la composition de quelques titres peu connus au début de sa carrière, il s’est par la suite exclusivement consacré à l’interprétation. Depuis son premier carton en 1968, With a little help from my friends (des Beatles), au nouveau single Hymn 4 my soul, en passant par You can leave your hat on ou encore Unchain my heart, le chanteur personnalise des titres avec la « Joe Cocker touch ».

Une touche personnelle qui peut séduire comme agacer franchement, des fois. A vrai dire, moi elle m’a plus souvent agacé que séduit. Mais passons…

2007. Où en est Joe Cocker ?

L’album Hymn for my soul démarre mal, avec un You haven’t done nothin’ (Stevie Wonder) à la rythmique R&B funky molle et des trompettes casse-pieds. La voix de Cocker y est poussive. Bref, j’ai eu peur pour la suite. A tort, car cette introduction en matière n’est pas représentative. Les cuivres seront par exemple complètement absents sur le reste de la plaque. Au menu, instrumentations "roots", propres au blues et au vieux r&b (piano, harmonium, guitares, percussions, chœurs) pour des plages vraiment très plaisantes. D’autres plus facultatives aussi, mais j’ai surtout envie de m'attarder ici sur les bonnes surprises :

One word (peace) - dont je n’ai jamais entendu la version première des Subdudes – offre un moment de rétro R&B et gospel aux réminiscences Marvin Gaye.

Love is for me poursuit avec ce même son très Motown, offrant également une jolie place aux chœurs.

Tout ça est bien agréable mais la meilleure partie du CD ne débute qu'avec Long as I can see the lightCreedence Clearwater Revival). Cocker ralentit la cadence originale et ajoute une intonation plus soul et blues, plus mélancolique. Sobriété de l’accompagnement au piano et guitare slide. Très belle réinterprétation. (

Beware of darkness est superbe puisque fidèle à l’original et le Joe s’y applique particulièrement. Là, j’ai carrément eu de frissons. J’en profite pour vous encourager à découvrir l’album dont est issu ce morceau : All things must pass, LE chef-d’œuvre inégalé de l’ex-Beatle George Harrison.

Ring them bells de Dylan, idem : on sent le cœur dans la voix et la volonté de respecter l’esprit d’une chanson aimée. Simplement "dylanesque", comme dirait Bryan Ferry, qui a récemment consacré tout un album en hommage au pape du folk-rock.

Just pass it on ensuite. Je ne connaissais pas ce titre, signé d’un certain Daniel Moore. Ici, rythmique reggae, cool, intonations africaines et refrain puissant. J’ai pensé à du bon Clapton.

Et enfin le single et morceau éponyme, qui clôt l’album : Hymn 4 my soul, vous donne une irrépressible envie de pousser la chansonnette (au volant par exemple). De quoi vous mettre de bonne humeur !

En guise de conclusion, l’âge réussit bien à ce papy du soft rock. Sa voix rauque, rôdée par le temps et l’expérience s’applique aujourd’hui particulièrement bien aux chansons plus posées et aux arrangements plus "authentiques". Un bon album de reprises (pas évidentes), qui n’a pas d’autre prétention.

Hymn for my soul est ce que je préfère dans ce que j'ai écouté de Joe Cocker à ce jour.

Chronique par Louis St-Jo

 

Maison de disques : EMI

02/08/2010

Les RITA MITSOUKO : Variety (2007)

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Ah Les Rita Mitsouko ! On les avait rangés un peu vite parmi les souvenirs OVNI des années ’80.

Pourtant, s’ils se sont un peu trop dispersés depuis, chacun de leurs albums comportait de quoi se rassasier. L’irrésistible La sorcière et l’inquisiteur(en 2000, sur Cool frénésie), pour ne citer qu’un exemple.

COUV_381.jpgAvec Variety, Catherine Ringer et Fred Chichin ne se renouvellent pas, mais ont mûri et synthétisent en un album impeccable ce qu’ils sont devenus : même relativement assagis, ils restent probablement les derniers musiciens de génie du rock populaire français !

Catherine Ringer, diva du rock, possède toujours cette voix puissante, expressive, outrancière... et ici plus que jamais comparable à celle d'une autre déjantée : Siouxsie Sioux (de Siouxsie & The Banshees)… avec en prime une sensualité délirante.

Le disque, produit par Marc Platti (David Bowie, Louise Attaque…), est le plus "accessible" des Rita Mitsouko. Le groupe entend par là élargir son public, et a d’ailleurs conçu originellement tous les titres en anglais, dans le but de s’adresser à l’ensemble des mélomanes européens. Une version française (orthographiée Variéty, avec l’accent) existe bien entendu aussi, "pour ceux qui n’auraient pas passé leur bac", dixit Chichin. Une démagogie que l’on aurait pu fustiger si la qualité n’avait pas été au rendez-vous. Mais là, les mélodies imparables s’enchaînent, qu'il s'agisse de la bonne humeur ultra-communicative de Ding ding dong (ringing at your bell) ou de la dérangeante Berceuse. La Berceuse, qui, sur la version "de luxe", est également intreprétée... en mandarin (et ça donne) !

Y'a pas à dire, Variety, est un album pour le moins cosmopolite !… et mon préféré de l’année 2007 jusqu'à présent !

Chronique par Louis St-Jo

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Maison de disques : Because

01/08/2010

Amy WINEHOUSE - Back to black (2006)

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire en entendant ses chansons, non, Amy Winehouse n’est ni noire, ni américaine, ... mais bien blanche et londonienne.

Je suis immédiatement tombé sous le charme de cet album Back to black. Du coup, je me suis aussi empressé de découvrir son précédent, Frank (2003), déjà très prometteur.

Je ne connais rien des frasques de cette chanteuse et qui, paraît-il, font les choux-gras d’une certaine presse. Je m’en moque, je me concentre sur sa musique, sensuelle et entraînante. Depuis plus d’un mois, ces chansons accompagnent inlassablement mon quotidien.ILLU_388.jpg

A défaut d’apporter une grande originalité, Amy Winehouse réveille les grandes voix et ambiances sonores de la musique noire américaine - de Billie Holiday à Diana Ross, en passant par Sarah Vaughan, Aretha Franklin et Etta James. L'anglaise se réapproprie le tout avec culot et un foutu talent. Ses chansons sont irrésistibles et modernes.

Si on ne peut pas parler d’un chef-d’œuvre incontournable de la musique, tout est néanmoins impeccable sur Back to black et on le réécoutera avec plaisir dans vingt ans. On trouve ici, synthétisé en un seul disque, le meilleur du R&B. Un peu comme Lenny Kravitz qui avait su - dans ses premiers albums solo - brillament remanier le meilleur du rock des early-seventies (Lennon, Hendrix, Curtis Mayfield, Stevie Wonder…)

Amy Winehouse fait un bien fou dans ce paysage musical actuel peu glorieux ! Evidemment, si, à la place de géniaux pompeurs, on pouvait nous servir de nouveaux génies tout court, ce serait encore mieux...

Chronique par Louis

Maison de disques : Universal