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06/07/2010

MORRISSEY : Ringleader of the Tormentors (2006)

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Attendu au tournant après un retour remarqué en 2004 (cf. l’indispensable album You are the quarry), Morrissey s’entoure d’invités de marque pour ce nouveau disque : le producteur Tony Visconti (oui, celui de David Bowie) ou encore Ennio Morricone pour certains arrangements.

COUV_37.jpgAvec Ringleader of the Tormentors, Morrissey corrige aussi son image de vieux garçon pessimiste et de dandy abstinant.

On ne s’attendait effectivement pas à ce que le Moz clame filer le parfait amour (avec un homme) et être enfin heureux dans sa nouvelle ville d’adoption : Rome. Rien non plus n’augurait que celui qui chantait autrefois "Most people keep their brains between their legs" (cfr. Such a little thing…) fasse l’étalage de ses désirs charnels (sur Dear God Please Help Me notamment). Si on l’a connu en parolier plus inspiré que sur le présent album, on se réjouit toutefois de sentir davantage d’ouverture et moins de cynisme chez le bonhomme. Life is a pigsty (la vie est une porcherie) démontre néanmoins - si besoin est - qu’on ne le verra pas chantonner de sitôt La vie en rose. Sacré Moz, toujours la petite phrase juste et acerbe à la bouche, pour dénoncer - avec un flegme tout britannique - combien cette société hypocrite rejette la différence aussi cruellement que poliment.

Bref, si Morrissey a enfin appris à savoir prendre son pied tout en restant lucide, tant mieux, mais sur le plan musical, y a-t-il encore de quoi prendre le nôtre (de pied) ? La réponse est oui, même si la prouesse de You are the quarry était inévitablement difficile à réitérer.
Les compositions sont du Morrissey pur jus, en moyenne assez bonnes mais sans grandes surprises non plus. Ringleader of the Tormentors enchante surtout par la grande forme vocale de notre crooner rock (qui n’hésite pas à pousser la voix jusqu’au falsetto touché par la grâce) et par le choix des arrangements : orchestre à cordes, chœurs d’enfants et autres synthés "ambiant" alternent ou se complètent aux guitares vrombissantes et familières de ses musiciens attitrés.

Chronique par Louis

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Maison de disques : Attack / Sanctuary

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